Kaléïdoplumes 2 : 2010 / 2013


 
PortailAccueilFAQMembresRechercherS'enregistrerConnexionArchives 2008/2009L'arbre kaléïdoLe Blog des kaléïdoplumiensKaléïdoplumes sur Facebook
L'aventure continue sur Kaléïdoplumes 3 

Partagez | 
 

 Noël dramatique à Triffouilly les Oies

Aller en bas 
AuteurMessage
catsoniou
Kalé'reporter
avatar


MessageSujet: Noël dramatique à Triffouilly les Oies   Jeu 23 Déc 2010 - 8:27

La neige avait fondu , remplacée par une pluie fine et persistance qui cessait enfin sous l'effet du vent du Nord. Sur le sol bien sec, les traces des convives du banquet de Noël étaient imperceptibles.

Dans les haies et les bois, à la cime des arbres, au plus profond des fossés comme dans les anfractuosités des rochers, il ne devait plus y avoir grand monde; les occupants habituels s'étaient rendus au festin de Noël.
Que la fête commence ! S'était écrié Maitre Goupil avant de s'installer à la meilleure place comme il convient au maitre des lieux.

En face, Le Blaireau s'apprêtait à lui faire la conversation. Autour des deux compères, dans un charmant désordre, La Faisanne et son compagnon, La Perdrix et ses perdreaux, Jeannot et Bunny au pelage bien lustré pour l'occasion, L'Ecureuil qui, la queue en panache papillonnait de l'un à l'autre, L'Etourneau qui ne savait sur quelle patte danser. Il avait fallu se pousser quelque peu pour laisser place à Dame Hermine qui faisait bien un peu ombrage au lièvre et au lapin dont le poil paraissait bien terne . Quant à la gent ailée, s'agissant de Me Corbeau, Madame Hulotte, M. Chat- Huant, et de la gamme complète des passereaux du pays, ils s'étaient installés sans façon sur le branchage du grand chêne qui n'en revenait pas de la grande variété des convives . Et du haut de sa sagesse, il pensait , sans toutefois s'exprimer à haute voix pour ne pas ternir ce moment mémorable :

-Pourvu que ça dure, cette harmonie...

Un incident avait failli éclater quand La Bécasse, que nul n'attendait, avait cru bon de prendre part aux agapes. Discrètement, le renard réglait le litige: d'un coup de dent, la bécasse passait de vie à trépas et, soigneusement allongée dans le fossé, constituerait un prochain repas de Maitre Goupil...

D'un vol rapide et d'un coup de griffes imparables, Dame Hulotte avait mis fin aux prétentions du Mulot dont la présence n'était pas souhaitable. Il en serait de même pour Melle Musaraigne dont s'était occupé sans bruit M. Chat-Huant. Les deux rapaces avaient, fort à propos, considéré que ces rongeurs étaient un mets acceptable pour un jour comme celui-là.

Dame Sidonie avait alimenté la conversation pendant qu'on engloutissait amuse-gueule et autres entrées. L'assemblée s'esclaffait aux propos cancaniers de l'oie à qui Maitre Goupil faisait une cour éhontée . Dame, comment aurait-il pu la convaincre de bon matin à l'accompagner s'il n'avait su la caresser dans le sens du poil, pardon de la plume ? Mais, il fallait passer aux choses sérieuses ! A la vitesse de l'éclair, Maitre Goupil tranchait le cou de cette pauvre Sidonie, déclenchant ainsi la curée . Chacun, enfin parmi les amateurs de cette chair succulente, eut son morceau. Les végétariens, s'ils furent offusqués par le massacre, n'en laissèrent rien paraitre et firent un sort aux pommes et poires généreusement apportées par Le Blaireau.

-Je le savais bien que ça n'allait pas durer , les amours … A qui le tour, maintenant s'interrogeait doctement le grand chêne ?

L'estomac bien rempli, le moment était venu d'aller se désaltérer. Le Blaireau , précédant le convoi des convives, avait poussé du museau un bassin laissé à proximité sous le tonneau et empli ainsi le récipient d'un liquide qui fleurait bon le vin nouveau.

Et là, selon ce qui m'a été rapporté, il ne vint à l'idée d'aucun dineur de faire la fine bouche. Dégusté sans retenue, le vin déliait les langues , le ton commençait à monter dangereusement, dissensions et jalousies refaisaient surface. Bref, c'était la cacophonie.

C'en était trop ! Jusque là, Azor, le chien de la ferme, bien qu'il ait flairé l'anomalie, s'était gardé de donner l'alerte, mais il ne pouvait plus se taire . Dans son langage de chien, on distinguait parfaitement :


Il ne faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages .

Il n'en fallait pas plus pour déclencher le branle-bas de combat. Comme un seul homme, fermier et fermière, munis du fusil et de la carabine , Azor en embuscade, tirèrent dans le tas projetant une nuée de plumes et de poils, provoquant un véritable carnage.

Seul, chat-huant et hulotte, grâce à leur statut d'animaux protégés, furent épargnés. Quant à l'organisateur de cette funeste journée, Maitre Goupil, il avait mis les voiles après la première gorgée de vin nouveau, non sans récupérer la malheureuse bécasse et guigné sur le poulailler dans lequel, l'oie le lui avait confirmé, il y avait des poules de toute beauté.

- Voilà une histoire incroyable que je pourrais conter aux arbrisseaux qui naitront sous mon ombrage , en conclut le grand chêne.

Pour ma part, c'est le chat-huant, sur ces vieux jours, qui m'a conté l'histoire dont je n'ai pas su tirer la morale...
Revenir en haut Aller en bas
pati
Modératrice
avatar


MessageSujet: Re: Noël dramatique à Triffouilly les Oies   Jeu 23 Déc 2010 - 15:27

ah oui, une suite sanglante, forcément ! bravo

_________________
ne jamais dire jamais
Revenir en haut Aller en bas
Amanda
Modératrice
avatar


MessageSujet: Re: Noël dramatique à Triffouilly les Oies   Jeu 23 Déc 2010 - 16:02

J'avais adoré la première partie, j'attendais la suite...Brrr !
Catsoniou, je te nomme Fabuliste 2O1O auprès de Sa Majesté ! mort de rire
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Noël dramatique à Triffouilly les Oies   

Revenir en haut Aller en bas
 
Noël dramatique à Triffouilly les Oies
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le triangle de Karpman dit "triangle dramatique"
» L'île aux oies sauvages 1000p
» Famille d'oies
» [Ysac, Adeline] Le jour des oies sauvages
» [Comédie dramatique] Into the wild de Sean Penn

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Kaléïdoplumes 2 : 2010 / 2013 :: -- ESPACE ECRITURE -- :: Ecriture sur consigne :: Consigne 150-
Sauter vers: