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 Paris vaut bien une larme

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PivoineBlanche
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MessageSujet: Paris vaut bien une larme   Mer 7 Déc 2011 - 23:05

Deux années de suite, ma meilleure amie (ma "soeur spirituelle") et moi, nous sommes allées à Paris. On prend le Thalys le matin, gare du midi, à Bruxelles, on arrive à Paris le temps de dire "ouf" (et pour moi d'aller prendre un croissant et un café au bar du train). Paris! L'objet de tous mes désirs... Depuis qu'à 12 ou 13 ans, j'avais vu la ville se dérouler devant mes yeux, avec le Sacré-Coeur de Montmartre (dont je ne connaissais pas encore la vraie raison d'être), si blanc, tellement moins laid que notre basilique de Koekelberg (prononcez Koukelbairge). Deux monuments qui sont comme le jour et la nuit. Le summum de l'horreur étant atteint par cette baselbergue de Koukelik, comme on l'appelle parfois, par dérision.

Tout ça pour dire que j'aime Paris, même si visiter Paris vous met littéralement sur les rotules.

Lors de notre première visite d'une journée, nous avions deux projets: visiter le musée de Cluny et aller contempler les tapisseries de la Dame à la Licorne. Nous avions vu -au cinéma- "La jeune fille à la perle". Ensuite, nous avons lu le roman, chacune de notre côté. Nous avons cherché les autres romans de Tracy Chevalier, et lu "La dame à la licorne". Qui se déroule à la fois à Paris - dans la famille du commanditaire de la tapisserie. Et à Bruxelles, dans l'atelier du maître licier. J'ai adoré... Je voulais revoir aussi les tapisseries de la Vie seigneuriale, car j'aimais le Moyen Age. Et puis, j'avais gardé un souvenir ébloui de Cluny.

Après Cluny, nous nous sommes restaurées et nous avons marché vers le second but de notre journée: le musée d'Orsay. Je rêvais de voir Orsay depuis des années. Depuis son inauguration. Que de quartiers évocateurs traversés, ce jour-là! Cluny, c'est déjà dans le quartier étudiant. Et puis, il y a le métro parisien, si étonnant. Ses faïences immaculées, sa population bigarrée, pressée, bruyante, les rames sur pneus, le chuintement si particulier du métro qui arrive. Petite, j'avais adoré les rames rouges et vertes, les bleues et jaunes, dont la livrée me rappelait celle de nos transports en commun bruxellois.

Je devais déjà être dans un état second quand je suis arrivée à Orsay. Un état fait de fatigue, d'excitation, d'agitation même, de profonde émotion. J'aurais dévoré Paris tout entier si j'avais pu le faire. Je suis une gloutonne des villes, je les aime et les déteste à la fois, je ne puis vivre sans elles et en même temps, j'ai besoin de calme. Alors, Paris... Ce n'est sûrement la démesure de certaines mégalopoles, mais c'est déjà pas mal du tout.

A Orsay, nous avons décidé de monter directement à l'étage des impressionnistes. Et de redescendre méthodiquement à travers les étages du musée. Je me suis retrouvée dans les salles des Monet, Pissarro, Sisley, Renoir, Van Gogh, et soudain, il m'est arrivé quelque chose que je n'avais jamais connu auparavant, l'émotion est montée crescendo, pour atteindre un paroxysme tel que là, dans ce musée, malgré ou avec toute ma fatigue, et mon profond émerveillement, je me suis mise à sangloter. Je pleurais, je regardais ces toiles que je connaissais depuis l'enfance, devenues presque banales à force d'être exhibées partout. Mais là, dans ce cadre, en grand, en vrai, elles avaient une terrible présence, une vie absolue. J'étais remuée jusqu'au fond des tripes, et plus j'étais remuée, plus je pleurais. Plus je pleurais, plus l'émotion débordait. Au total, je me souviens d'un bonheur, d'un émerveillement intenses.

La fatigue aussi fut colossale... A la fin de la visite, je n'avais plus la force de prononcer un mot ou d'avancer d'un pas. J'étais une succession d'émotions. Oubliés, les moments de désespoir consécutifs aux tuiles qui m'étaient tombées dessus. Au profit de ces pics d'enthousiasme esthétique, pas seulement là, à Orsay, mais plus tard, aussi, à une exposition Pierre Bonnard, au Grand Palais, ou à une expo bruxelloise des peintres de l'avant-garde russe du XXème siècle, à l'automne 2005.

L'émotion artistique ne rend peut-être pas aussi heureux que l'amour, qu'un amour heureux, faut-il le préciser, je ne sais pas.

Mais je ne saurais en tout cas pas vivre sans elle...
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MessageSujet: Re: Paris vaut bien une larme   Jeu 8 Déc 2011 - 10:56

Merci de nous avoir fait partager tes émotions, consécutives à une journée parisienne. Je préfère la 2ème moitié de ton texte ! Smile
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Paris vaut bien une larme
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