Kaléïdoplumes 2 : 2010 / 2013


 
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 Le secret de frère Athanase

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Nerwen
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MessageSujet: Le secret de frère Athanase   Lun 22 Juil 2013 - 10:08

Quand je franchis la lourde porte du monastère, je ne savais pas encore ce que je venais faire en ces lieux.
J’avais reçu un email de mon oncle Antoine me demandant d’y venir de toute urgence pour une délicate affaire. Il disait avoir arrangé ma venue avec le père abbé en me faisant passer pour un thésard en quête de documents anciens. Antoine est, depuis de nombreuses années, moine bénédictin au monastère de Notre Dame des Prairies et c’était bien son genre d’être aussi mystérieux.
Le frère convers qui m’avait ouvert la porte s’était montré très accueillant et, me délestant de ma valise, m’avait indiqué que je trouverais frère Antoine dans la bibliothèque dont il m’indiqua le chemin.

Notre Dame des Prairies, sans jamais atteindre la renommée des monastères prestigieux ou des abbayes célèbres, avait été au Moyen-âge une étape importante sur la route des grandes villes de foire. A cette époque, elle accueillait des voyageurs désirant faire une halte à l’abri des malandrins qui hantaient alors les chemins, ou des pèlerins venant se recueillir devant les reliques de je ne sais plus quel ermite qui avait vécu là. Aujourd’hui, le monastère ne payait plus de mine, seulement une dizaine de religieux y demeurait encore, mais si les dons et les offrandes n’affluaient plus comme jadis, les moines avaient dû trouver une source de revenus non négligeable comme en témoignaient les bâtiments en bon état et la chapelle récemment restaurée. J’empruntais la galerie du cloître, admirant au passage les buis bien taillés dont l’austérité toute monacale faisait place, par endroit, à une explosion de roses. Il régnait ici un calme et une sérénité qui me frappèrent et me donnèrent l’impression d’être isolé du monde.

En pénétrant  dans la bibliothèque, je remarquai que la traditionnelle robe de bure avait laissé la place au jean et au col roulé. Outre mon oncle, il y avait là deux autres frères. Après une rapide mais chaleureuse accolade, Antoine fit les présentations :
« Voici frère Gauthier, notre prieur, et frère Anselme qui cumule les fonctions de chantre et de prévôt. »
Devant mon air interrogatif, Antoine précisa ; « Le chantre était autrefois chargé du scriptorium, aujourd’hui nous parlerons de bibliothèque et d’archives. En tant que prévôt il s’occupe aussi des relations avec l’extérieur. Tu seras peut-être étonné d’apprendre que nous avons des relations avec l’extérieur, mais les temps ont changé et l’époque des moines reclus dans leur monastère est révolue. D’ailleurs la règle de notre ordre a toujours imposé un équilibre entre prière et travail. Notre devise « ora et labora » en témoigne. Les activités que nous menons servent d’abord à subvenir aux modestes besoins de notre petite communauté, mais aussi, à gagner de l’argent pour entretenir nos bâtiments et je t’assure que, le temps des oboles et du mécénat étant bien révolu, entretenir ces vieux murs représente un véritable gouffre financier que nous devons gérer. Je t’ai d’ailleurs déjà fait goûter notre petite spécialité quand je t’ai rendu visite à Noël dernier… »
Il me revint alors à l’esprit une certaine liqueur ambrée que j’avais fort appréciée sans avoir bien réalisé que sa fabrication était due au savoir-faire des « collègues » de mon oncle.
« Tu veux dire que cette liqueur est préparée ici ?
—Préparée ici, dans nos bâtiments annexes, et commercialisée par l’intermédiaire d’une société locale de vins et spiritueux. Ne t’emballe pas ! Nous ne sommes pas la Grande Chartreuse, mais cette modeste production permet au monastère de subsister sans trop de problèmes… »
Antoine se tut, lançant un regard interrogateur vers ses compagnons.
J’attendis patiemment la suite car je sentais qu’il y avait un « mais… » et que, le découvrant, j’allais enfin connaître la raison de ma présence en ces murs.
........................................
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kz
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Lun 22 Juil 2013 - 13:45

Nous voici superbement mis en condition pour découvrir la suite. La description du monastère est parfaite, on s'y croirait ! cool ! 
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Silhène
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Mar 23 Juil 2013 - 17:00

La saga de l'été démarre avec brio !
L'atmosphère est à la fois ancienne et moderne, avec ces moines très actuels et bien dans leur temps.

Les questions arrivent : d'où vient le mystère ? De la liqueur ? Du monastère ?

La suite, la suite !!bounce bounce bounce 

quel talent ! 

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Amanda
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Mer 24 Juil 2013 - 10:45

Comme dit dans les comm's précédents, le décor est planté, le mystère reste entier, parfumé à la liqueur:) 
Des moines en jeans, cela me va très bien ! La suite, vite !flower 
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catsoniou
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Ven 26 Juil 2013 - 14:43

Mea culpa !!! Moi, ce qui me branche, c'est la liqueur ...auréole 

Vivement la suite : pour la liqueur et le reste ...big wink
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Nerwen
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Lun 29 Juil 2013 - 18:08

 Le prieur prit la parole : « Nous sommes plusieurs concernés par la fabrication de notre liqueur. La distillation se fait à partir de la production des parcelles de vigne qui jouxtent le monastère. A l’alcool de raisin nous ajoutons du miel, du sirop de sucre et un mélange de différentes plantes aromatiques qui donne à notre « Elixir des Prairies » sa saveur et son arôme inimitables.
—Vous remarquerez, intervint Anselme, que nous avons laissé tomber Notre Dame dans le nom du produit afin de ne pas nous fermer le marché auprès des chatouilleux de la laïcité.
—Notre prévôt se pique d’être un as du marketing, dit en riant le prieur. C’est lui qui a eu l’idée de raccourcir le nom. Et de fait, notre élixir connaît un certain succès d’estime auprès de nos clients. Les différents assemblages respectent une formule ancienne que nous avions découverte dans les archives, mais elle ne donnait qu’une liqueur banale sans aucun cachet particulier. Cela avant que frère Athanase, qui avait fait des études d’œnologie avant d’entrer chez nous, ne prenne les choses en main et n’ajoute un élément nouveau qui a fait toute la différence. Alors, notre élixir a connu un succès immédiat.
La formule de base est connue de plusieurs d’entre nous qui participons à sa mise en œuvre, mais, par souci de sécurité, la touche finale, l’ingrédient ultime et indispensable n’était connu que de frère Athanase et il en gardait jalousement le secret.
—Etait connu ? Hasardai-je.
—Athanase nous a quittés brusquement…
—Une sorte d’accident du travail précisa Antoine en riant.
—Voyons, protesta frère Gauthier, ce n’est pas drôle ! Il s’est noyé dans la cuve de décantation ! »
Anselme insista : « Il avait un peu trop tendance à rechercher la… perfection, ce qui l’entraînait à goûter sa préparation à de nombreuses reprises, pour être sûr du bon dosage de son ingrédient secret.
—Mais ce doit être une mort horrible, ne puis-je m’empêcher de dire !
—Ne crois pas ça, plaisanta mon oncle, quand nous l’avons trouvé, il flottait sur le dos, avec un sourire ineffable sur les lèvres. A croire qu’il avait vu s’ouvrir les portes du paradis. »
En regardant mes trois compagnons hilares, je trouvais qu’ils prenaient cette mort bien à la légère, mais ils redevinrent vite sérieux pour m’expliquer l’étendue de leur embarras.
En disparaissant brutalement, Athanase avait emporté avec lui le secret de l’ultime ingrédient. Les moines avaient eu beau chercher, le frère, ne se fiant qu’à sa mémoire, n’avait laissé aucune note, aucun indice permettant de mener à bien la fabrication de l’Elixir des Prairies. Ils avaient bien fait quelques essais en ajoutant d’autres plantes au mélange initial, mais en vain. Il manquait toujours le petit « je ne sais quoi » sans lequel leur élixir n’était plus qu’une liqueur ordinaire qui ne satisfaisait personne, surtout pas le consultant-dégustateur de la société qui commercialisait la liqueur.
Alors, sur une idée de mon oncle, les moines avait fait appel à moi pour éplucher les archives à la recherche d’un quelconque indice utile. Le temps pressait car il ne restait plus dans les caves qu’un nombre de bouteilles permettant de satisfaire une seule livraison.
J’eus beau arguer que je n’étais pas œnologue, encore moins spécialiste des alcools et spiritueux, mon oncle déclara qu’un œil neuf faisait parfois des merveilles, que les archives n’étaient qu’un prétexte, et que pour satisfaire mon goût de l’investigation, j’aurais accès à l’ensemble des lieux.
L’affaire fut donc conclue.
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Feuille
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Lun 29 Juil 2013 - 23:09

L'atmosphère très calme du premier chapitre, le soupçon de suspend laissé à la fin, nous annonçait une suite pleine d'aventures. La deuxième partie nous en montre un aperçu joliment amené et plutôt prometteur.

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catsoniou
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Mer 31 Juil 2013 - 7:36

Citation :
j’aurais accès à l’ensemble des lieux.

noooon !  Excepté la cave et le stock  de flacons ;

ne tentons pas le diable qui sommeille en tout consommateur d'élixir .

Au cas où le "je ne sais quoi" serait recherché au fond du flacon ...
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ESCANDELIA
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Mer 31 Juil 2013 - 10:50

Décidément, Nerwen, tu excelles en fabrication d'élixir ! E t de texte à nous ravir !
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Amanda
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Jeu 1 Aoû 2013 - 16:27

Oulala ! Des moines qui font une liqueur mais n'osent pas afficher sa provenance...cool ! 

Bien louche, tout cela !

Ainsi que la mort du frère Athanase, le sourire aux lèvres !

Ils ne fabriqueraient pas aussi du fromage par hasard ? Ou de la bière ?

" Fromage des Prairies" donc..

C'était juste une suggestion, je suis tout à faitdans l'ambiance de ton texte, Nerwen !flower 

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Silhène
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Sam 3 Aoû 2013 - 12:17

Ils sont plutôt cools tes moines, ça doit venir des effluves de liqueur qui imprègnent les murs drunken 

Mais je me demande quand même qui est réellement le narrateur ? Et Va t'il réussir à sauver la fabrication de l'élixir magique ?
Suite au prochain épisode !

bravo! 
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Nerwen
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Lun 5 Aoû 2013 - 17:48


Pendant cette conversation, le temps avait filé et mes compagnons, qui devaient se rendre à l’office de vêpres, me conseillèrent de rejoindre la cellule qui m’était réservée pour prendre un peu de repos, avant le diner qui aurait lieu à 18h30 précises.
Antoine me rappela que la vie dans le monastère était strictement réglée par la liturgie des Heures, qu’en tant que visiteur je n’étais pas tenu de la respecter, mais qu’eux-mêmes ne sauraient s’y soustraire.
Après le repas, frugal comme il se doit, mais excellent car composé des légumes et fruits frais produits sur le monastère, agrémentés d’un fromage de chèvre lui aussi fabriqué maison, Antoine me fit visiter la distillerie et la cave qui avaient été aménagées dans l’ancienne hostellerie, un bâtiment à part, jadis destiné aux pèlerins de passage.

Au beau milieu d’une sombre salle voutée, trônait le gros alambic dont le cuivre s’allumait de reflets rougeoyants à la lueur du fourneau. La cuve de macération, où ce pauvre Athanase, — « Paix à son âme ! » me glissa mon oncle — avait perdu la vie, après nettoyage, avait repris sa fonction première et une étrange décoction de plantes infusait dans l’alcool avec, par instant, de grosses bulles qui venaient crever à la surface glauque du liquide. Rien de bien engageant en somme, si l’odeur aromatique qui flottait dans la cave n’était venue rappeler le délicieux élixir qui, finalement, en serait extrait. La part des Anges est le joli nom que l’on donne au volume d’alcool qui s’évapore pendant l’opération et vient imprégner les murs. Antoine m’indiqua que l'expression avait son origine dans l’alchimie qui désignait par anges les substances volatiles. Et je trouvais en effet, que l’atmosphère ici, évoquait tout à fait le laboratoire d’un alchimiste qui, par la transmutation des plantes et de l’alcool, découvrirait l’élixir de longue vie, la panacée universelle d’un nouveau genre, capable de réjouir les palais les plus exigeants.

Mon oncle, à qui j’avais fait part de mes réflexions, me rappela que, pour l’instant, aucun élixir ne verrait le jour, tant que je n’aurais pas résolu l’énigme de l’ultime ingrédient de frère Athanase. « Que diable pouvait-il ajouter à sa préparation ! » s’exclama-t-il, d’une manière que je trouvais fort peu… catholique.
Pour ma première nuit au monastère je dormis comme un bébé, et je soupçonnai que la part des Anges devait y être pour quelque chose. Je ne fus même pas dérangé par les allées et venues des moines se rendant, toutes les trois heures, aux offices nocturnes.

Je passai les jours suivants dans la bibliothèque, à étudier la recette originale de l’élixir et à recenser les documents dans lesquels frère Athanase aurait pu trouver l’idée de son ingrédient inédit. Avec enthousiasme je découvris là des trésors, dormant pour la plupart sous une épaisse couche de poussière, car frère Anselme, le chantre, semblait plus porté sur les nouvelles technologies que sur les vieux grimoires. Un ordinateur ultra sophistiqué, connecté comme il se doit à internet, occupait la place d’honneur tandis que volumens, parchemins enluminés aux couleurs aussi fraîches que si le moine copiste venait de quitter le scriptorium, flores du 18ème siècle, mais aussi ouvrages modernes de référence sur la botanique et le monde végétal, s’entassaient pêle-mêle sur les étagères…

J’avais aussi fait la connaissance de Gonzague Fabre de Granville, le consultant-dégustateur que j’avais tout de suite indisposé en lui demandant si des analyses ne pourraient pas être réalisées pour identifier précisément les composants de la liqueur. « Monsieur, me fut-il répondu d’un ton péremptoire, il est des choses qui échappent complètement à l’analyse et que seul un nez et un palais comme les miens peuvent reconnaître ! » Voilà qui était dit et je n’insistai pas. Mais, quand le jour suivant, je le surpris occupé à feuilleter mes notes, imprudemment abandonnées sur la table de la bibliothèque, je me jurai bien de le tenir à l’œil. « Je cherche la copie de la dernière commande de frère Athanase, me dit-il » et quand je lui fis remarquer que c’étaient mes notes qu’il compulsait, il s’excusa d’un air hautain et quitta la pièce.

Je ne voyais pas le temps passer et je m’étais coulé avec facilité dans le calme déroulement des journées. Sans l’air interrogatif des frères que je croisais dans les couloirs, j’aurais pu oublier ma mission, tout à mon bonheur de manipuler d’aussi extraordinaires documents. Hélas, je ne trouvais rien qui puisse répondre à leur attente, pas le moindre petit indice….

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Amanda
Modératrice
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Lun 5 Aoû 2013 - 17:56

On avance à petits pas..

La part des anges n'est pas le vent d'anges, n'est-ce-pas ?

Et méfions-nous de l'eau qui dort !

La suite, vite !
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Feuille
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Lun 5 Aoû 2013 - 22:26

Tu nous fait languir en nous laissant patienter, un peu sur notre faim. Il manquerais juste un rappel sur l'échéance qui s'approche de plus en plus, un accident, une cuve qui se met à fuir, ou la cuisson trop longue des ultimes réserve de la préparation et patatras, une énorme pression s'abattrait sur les frêles épaules d'Antoine.

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Plumentête
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Mer 7 Aoû 2013 - 11:04

Entre diable et bon dieu, le secret de fabrication de cette liqueur semble bien gardé! D'ailleurs est-ce cela qui intéresse tant les moines ou un secret en cache-t-il un autre?
En tout cas, tu excelles dans l'art de créer une ambiance, un décor, on s'y croit vraiment et j'aime beaucoup et puis, ce secret de fabrication quel est-il? J'aimerais bien le savoir!
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catsoniou
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Jeu 8 Aoû 2013 - 21:31

Quelquefois, je me dis que dans  
Citation :
la part des Anges
les dits anges ont bon dos pour expliquer l'évaporation . N'y aurait-il pas des moines qui leur fileraient un coup de paluche (au anges) ? lol!
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kz
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Lun 12 Aoû 2013 - 11:33

Oui, là, maintenant, il faut que cela débouche ! (Si j'ose dire en parlant bouteille !
Ceci dit, l'atmosphère du monastère est de fait paisible et agréable. Ici, on prend le temps de vivre ! Le danger n'est pas dans le stress !

Allez, la suite ! bravo 
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Nerwen
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Mar 13 Aoû 2013 - 18:38

 Un soir, ayant travaillé fort tard, il me vint la curiosité d’assister à un office nocturne. Il était minuit bien sonné et je décidai de me rendre à la chapelle pour mâtines. Je m’installai dans l’ombre au fond de la chapelle et attendis l’arrivée des moines. Je fus fort surpris de les voir revêtus de leur traditionnelle robe de bure mais je me souvins qu’ils honoraient cette nuit-là, la mémoire du saint ermite à l’origine du monastère. Là, dans la lueur incertaine des cierges, enveloppé de l’odeur de l’encens et des chants psalmodiés, j’avoue que je n’aurais pas été étonné si Guillaume de Baskerville lui-même était venu s’assoir près de moi. Mais ce ne fut pas le héros du Nom de la Rose qui me tira par la manche, mais frère Patrick, un jeune homme qui poursuivait son noviciat à Notre Dame des Prairies.
« Il faut que je vous parle, me chuchota t-il. A la fin de l’office ne partez pas, je vous rejoindrai ici. »
Il va s’en dire que je trouvai cet office bien long, et c’est avec soulagement, qu’enfin, je vis les moines quitter un à un la chapelle. Frère Patrick resta en arrière pour moucher la plupart des cierges, ne laissant qu’une petite flamme rouge devant le Saint Sacrement. Et là dans l’ombre, il me fit cette étonnante révélation :
« On vous a dit que frère Athanase comptait seulement sur sa mémoire, mais ce n’est pas exact. Athanase notait tout. Je travaillais avec lui à la distillerie et je l’ai souvent observé…
—Mais personne n’a retrouvé quoi que ce soit et je suppose que vos frères ont cherché après l’accident…
—Athanase entretenait soigneusement la légende de sa fabuleuse mémoire. D’ailleurs mes frères n’auraient rien trouvé…
—Pourquoi en êtes-vous si sûr, demandai-je.
—Parce que c’est moi qui avais le carnet
—Vous ?
—Oui, Athanase me l’avais confié en me faisant promettre de n’en parler à aucun des frères. Je crois qu’il se méfiait aussi de notre dégustateur… Il ne se séparait jamais de son carnet, et moi-même je n’avais rien soupçonné avant qu’il me demande de le garder précieusement, jusqu’à son retour de Rome…
—Athanase projetait un voyage à Rome ? » (J’allais de surprise en surprise !)
—C’était un voyage prévu de longue date, il avait été convoqué, à la demande de notre évêque, par les instances disciplinaires du Vatican. Monseigneur lui reprochait de prendre son activité à la distillerie trop à cœur.
—Il me semble que vous avez dit « c’est moi qui avais… »
—Hélas, le carnet, un petit carnet noir couvert de molesquine, a disparu de ma cellule où je le croyais en sécurité…
—Qui a bien pu…
—Je n’ai que des soupçons mais… un matin, j’ai croisé de Granville dans le couloir alors qu’il n’a rien à faire dans cette partie du monastère, et tout de suite après, j’ai constaté la disparition du carnet. Mais à vrai dire, il ne lui servira à rien.
— ? ? ?
—Il n’y a rien dans le carnet ! Quand — Dieu me pardonne ! — poussé par la curiosité, je l’ai feuilleté, j’ai constaté que toutes les pages étaient vierges…
—Vierges ? (je réfléchissais à toute vitesse) Vierges ou écrites à l’encre sympathique ?
—J’y ai pensé aussi, me dit Patrick, ça cadrerait bien avec le goût d’Athanase pour les secrets, mais j’ai essayé la chaleur et la vapeur d’eau, sans résultat. De toute façon, par ma faute, nous n’avons plus le carnet, dit-il piteusement.
—Il y a d’autres révélateurs et d’autres substances que le citron ou le lait pour se procurer de l’encre invisible…
—Je sais, me rétorqua frère Patrick avec un petit sourire, ce que les agents des services secrets britanniques utilisaient pendant la guerre, mais je doute que frère Athanase…
—Je pensais plutôt à des sucs de plantes puisqu’il était féru de botanique. Mais la première chose à faire est de récupérer le carnet. Et comme le sieur Gonzague ne nous le rendra pas de son plein gré — ce serait avouer qu’il vous l’a volé — nous allons lui tendre un piège… »

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kz
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Mer 14 Aoû 2013 - 10:23

Excellente cette suite, on est dans le coeur de l'action. Les dialogues sont vifs, l'intrigue est rondement menée avec une bonne création de suspense. C'est parfait. Donc, la suite ! bravo!  bravo! 
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Amanda
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Mer 14 Aoû 2013 - 11:59

OUi, Nerwen, c'est du beau travail, bien mené, tout doucement on arrive au dénouement et tu nous laisses le suspense entier !flower 

Allez, la suite stp !
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Nerwen
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Mar 20 Aoû 2013 - 19:22

 En deux mots, je fis part à frère Patrick de l’idée qui me venait. Il fallait tout d’abord que je me procure un carnet couvert de molesquine, en tous points semblable à celui de frère Athanase. J’étais à peu près sûr d’en trouver dans l’antique librairie du village car, ces carnets légendaires rendus célèbres par différents artistes de Van Gogh à Hemingway et de Mallarmé à Picasso sont, par la magie du marketing, devenus les carnets Moleskine, une marque déposée que s’arrache tous les amateurs de prises de notes à l’ancienne.

Le lendemain, prétextant le besoin urgent de me réapprovisionner en paracétamol (je suis sujet aux migraines), je me rendis au village et fit l’acquisition d’un petit carnet noir à élastique.
De retour au monastère, je pris le soin de donner un petit coup de vieux au carnet en le brossant à sec, tranche et dos compris, afin de lui donner l’air d’avoir été manipulé longuement. Je chargeai Patrick qui connaissait les pattes de mouche de frère Athanase de remplir certaines pages de listes de plantes plus ou moins fantaisistes. Puis, dans la distillerie, je le dissimulai sommairement sur la table encombrée de divers papiers et documents. Table que je pris soin de placer idéalement par rapport à l’étroite fenêtre.
Pour la visite du dégustateur, prévue dans l’après-midi, le piège était prêt.

La distillerie est une sombre salle voutée, chichement éclairée par les lueurs du fourneau et par la fenêtre percée dans la muraille. C’est dans l’embrasure de cette fenêtre, que Patrick et moi nous tenions quand monsieur Fabre de Granville arriva. Nous y étions apparemment occupés à éplucher attentivement une longue liste d’ingrédients.
Le piège fonctionna à merveille, le dégustateur remarqua bientôt le coin du carnet qui dépassait des autres documents. Faisant mine de fouiller dans les papiers, toujours à la recherche soi disant de la fameuse commande de frère Athanase, il souleva la couverture du carnet et s’aperçut que les pages en étaient couvertes d’une fine écriture.  S’assurant du coin de l’œil, que personne ne s’occupait de lui et rassuré par notre évidente concentration, je le vis, dans le reflet de la fenêtre, qui sortait de sa poche le carnet de frère Athanase et l’échangeait subrepticement avec le leurre qui lui tendait les bras. Après quoi, il quitta rapidement la salle. Aussi rapidement mon jeune compagnon se rua sur le carnet abandonné par le dégustateur : « C’est lui, dit-il, je le reconnais à cette petite tâche sur la tranche ! »
Bien sûr, les pages semblaient vierges et il ne nous restait plus qu’à trouver quelle substance frère Athanase avait utilisée pour écrire ses notes.

N’étant pas resté inactif pendant ces derniers jours, j’avais ma petite idée là-dessus. Partant du principe que frère Patrick avait échoué dans ses divers essais de révélateurs classiques, je pensais que la substance utilisée ne devait pas être des plus courantes. J’avais remarqué, en auscultant soigneusement l’historique de l’ordinateur de la bibliothèque que quelqu’un avait fait des recherches sur la quinine. Aucun des frères interrogés par mes soins n’en n’était à l’origine, j’en conclus que c’était Athanase qui avait fait ces investigations.  Voulant en savoir davantage, je consultai les sites indiqués et découvris que le sulfate et le chlorhydrate de quinine, tous deux incolores, pouvaient servir d’encre sympathique se révélant sous les rayons d’une lampe à ultraviolets ou un tube à lumière noire.

En toute hâte, j’allai retrouver le novice pour lui faire part de mes découvertes :
« Ça y est ! Je sais ce qu’Athanase utilisait pour écrire ses notes ! Mais dites-moi, buvait-il du Schweppes ?
—C’était en effet son péché mignon… Mais… je…
—Figurez-vous que cette boisson qui contient de la quinine a, comme elle, les mêmes propriétés fluorescentes sous UV ! »
***********************
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alainx
Kalé'reporter
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Mar 20 Aoû 2013 - 19:51

Mais jusqu'où va-t-elle nous emmener ??
Le suspens est distillé comme une liqueur suave....

Que révèlera le "sympathique" carnet ??

Plus que le seul secret d'une poudre de perlinpinpin à ajouter, je suppose ??


--------

dis donc, Nerwen, tu en connais un bout sur les couvents !
ancienne novice ??? Smile Smile


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Amanda
Modératrice
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Mar 20 Aoû 2013 - 20:25

Rhôô Nerwen, tu y vas fort, de la pub pour Schweppes maintenant !!!!

Schweppes c'est fabriqué chez nous à Genval ( Brabant wallon)

Mais je m'interroge Schweppes Tonic ou Schweppes agrumes ?????

Vite, la suite !cool ! 
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kz
Kalé'reporter
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Mar 20 Aoû 2013 - 21:04

Tu maintiens le suspense, good job ! cool ! Et puis le style est agréable, ça se lit bien !bravo 
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Feuille
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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   Mar 20 Aoû 2013 - 22:57

De mieux en mieux, c'est une histoire des plus palpitante. J'ai hâte de lire la suite Wink 

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MessageSujet: Re: Le secret de frère Athanase   

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Le secret de frère Athanase
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